
Démystifier les séquelles cognitives de la COVID-19
Bien qu’on ait l’impression d’avoir tout entendu sur la COVID-19 depuis le début de la pandémie, il y a un aspect encore plutôt méconnu du grand public : l’impact de la COVID sur la santé mentale et ses séquelles cognitives.
En effet, ⅓ des patients ayant reçu un diagnostic de COVID-19 ont, à long terme, des symptômes persistants sur leur santé physique, mais également sur leur santé cognitive. Au-delà de 4 semaines de symptômes, on parle alors de COVID longue. Et si la COVID peut entraîner des dommages à long terme au cœur, aux poumons ou aux reins, il en va de même pour le cerveau.
Les séquelles cognitives de la COVID-19
Pour la majorité des gens atteints de COVID longue, les séquelles finissent par disparaître au bout de 12 semaines. Par contre, chez environ 10 % des adultes et 22 % des personnes âgées de 50 ans et plus, les effets de la COVID perdurent bien au-delà de cette période. Les séquelles les plus fréquentes rapportées sont : la fatigue, les difficultés respiratoires (souffle court), la toux, les douleurs articulaires et thoraciques et la perte d’odorat et du goût. Sur le plan cognitif, les études rapportent des difficultés de concentration, de la mémoire, de la manipulation mentale d’informations (mémoire de travail), de résolution de problèmes, des difficultés à trouver les bons mots pour s’exprimer et un ralentissement de la pensée. Certaines personnes décrivent leur état comme un « brouillard cognitif ».
Fait étonnant : ces symptômes n’auraient aucun lien avec la sévérité du cas de COVID de la personne. Une personne qui aurait eu un « faible » cas de COVID pourrait donc tout de même souffrir de séquelles cognitives.
On remarque aussi, chez certaines personnes, que le contexte d’isolement, les mesures sanitaires, la perte d’un emploi ou un traumatisme ont pu avoir un impact important sur la santé psychologique. Pour ceux souffrant de séquelles cognitives, ce contexte peut malheureusement accentuer les symptômes dépressifs ou l’anxiété et interférer avec leur fonctionnement et leurs habiletés cognitives.
Comment y faire face
Si vous ressentez des changements d’attention et de mémoire depuis que vous avez eu la COVID, un neuropsychologue peut vous aider en faisant une évaluation de vos forces et faiblesses cognitives et en vous donnant des recommandations personnalisées. Il peut également vous référer à un psychologue au besoin ou faire une expertise en neuropsychologie si le retour au travail est problématique et que des indemnités sont en jeu.
Si cet aspect de la COVID n’est pas assez discuté, il reste extrêmement important d’en discuter, de normaliser ses séquelles, mais surtout, de communiquer les ressources qui peuvent aider dans une situation comme celle-ci. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions, des inquiétudes ou besoin de conseils.
Dre Anik Guimond, Ph.D. neuropsychologue
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