
Guide: Comment aider un collègue qui vit de l’anxiété
Stress et anxiété, du pareil au même? L’anxiété est un état psychique déclenché en réponse à une menace vague, inconnue ou perçue comme un danger. Cet état provoque souvent une perception erronée de ce qui peut nous arriver. En fait, l’anxiété est en quelque sorte issue de l’accumulation de certains ou de tous les ingrédients à l’origine du stress. Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain, décortique le stress en 4 déclencheurs (C.I.N.É), un peu comme 4 ingrédients d’une recette : Contrôle (impression d’avoir peu ou pas de contrôle sur une situation)—Imprévisibilité (un événement inattendu ou une situation incertaine) —Nouveauté (une situation nouvelle) —Égo menacé (une perception que nos compétences sont mises en doute).
L’anxiété affecte toutes les sphères de l’humain : sa vie personnelle et professionnelle, mais aussi celle de son équipe. Il devient donc essentiel d’être en mesure de la reconnaître pour ainsi soutenir un collègue qui en démontre des signes.
Quand
- Vous vous apercevez qu’un de vos collègues a du mal à fournir la même prestation de travail qu’à l’habitude.
- Vous ne reconnaissez plus votre collègue. Ses comportements sont inhabituels, il présente des perceptions erronées de la réalité ou anticipe des événements négatifs ou catastrophiques.
Comment?
- En s’attardant à reconnaître les signes distinctifs d’une personne anxieuse pour pouvoir les observer.
- En accompagnant la personne dans ce qu’elle vit, selon votre rôle dans l’organisation ou l’équipe.
- En suggérant des pistes de solutions.
Note : Bien que vous ayez la meilleure intention au monde, il vous faudra parfois diriger votre collège vers des ressources externes expertes en la matière. Parfois, votre écoute et vos bons conseils ne suffiront pas! Et cela ne remplace pas la consultation d’un psychologue ou d’un professionnel de la santé.
Les signes à observer chez votre collègue
L’anxiété agit sur quatre sphères chez l’humain. En demeurant à l’écoute des changements pouvant survenir dans le comportement de vos collègues, il est possible de lui venir en aide au bon moment et de la bonne façon. Pour ce faire, il vous faut toutefois savoir reconnaître comment cela se traduit.
LE CORPS
- Maux de tête
- Maux de ventre
- Tension dans la nuque
- Difficulté de sommeil
- Sensation de fatigue
- Perte d’énergie
- Diminution de l’appétit
LES PENSÉES
- Rigidité dans les pensées (être certain que ce qu’on pense est la bonne chose)
- Perception négative des situations
- Biais cognitifs (pensées qui diffèrent de la réalité)
- Scénarios catastrophes
LES ÉMOTIONS
- Peur
- Inquiétude et insécurité
- Tristesse
- Irritabilité
- Colère
- Impuissance
- Découragement
LES COMPORTEMENTS
- Difficulté d’attention et d’organisation
- Agressivité ou opposition
- Difficulté à prendre des décisions,
- Repli sur soi
- Besoin de contrôle
L’accompagnement
Lorsque nous constatons qu’un de nos collègues ne semble pas bien aller, il est naturel de vouloir lui venir en aide. Le plus difficile dans les premières pas vers l’accompagnement est de faire prendre conscience à son collègue qu’il y a quelque chose qui ne va pas. En effet, le déni étant le premier mécanisme de défense naturel à l’humain, cela peut nécessiter beaucoup de créativité de notre part.
Cet accompagnement peut revêtir différentes formes :
- Refléter que vous observez des comportements qui vous préoccupent. As-tu des craintes vs telle situation? Tu me sembles stressée…
- Écouter activement la personne, lui laisser de l’espace pour s’exprimer.
- Recadrer les perceptions de la personne (biais cognitifs). Tu dis que ce sera difficile. Donne-toi la chance d’essayer, le temps d’apprendre.
- Proposer des moyens pour calmer les symptômes physiques (respiration, méditation…).
- Fournir des pistes pour gérer son anxiété (nommer les émotions, proposer certaines applications de méditation).
- Aider à faire le lien entre sa pensée, ses émotions, ses réactions physiques et les comportements ou attitudes qu’elle adopte.
- Suggérer de consulter un professionnel de la santé.
Surtout, ne pas lui demander de se calmer ou mettre de la pression pour modifier son état, cela ne va qu’amplifier l’anxiété!
Si vous êtes le gestionnaire de cette personne il faut diminuer la pression! Par exemple, vous pouvez:
- Ajuster les attentes face aux résultats prévus
- Déléguer certaines tâches à d’autres collègues
- Modifier les échéanciers, donner plus de temps pour accomplir la tâche
- Aider à la priorisation des tâches
- Favoriser le travail d’équipe entre les employés
- Limiter le nombre de tâches à faire en même temps
- Attribuer un nouveau projet une fois le projet précédent terminé
- Allouer un espace de travail plus calme, loin du bruit.
Les pistes à suggérer
La personne qui souffre d’anxiété n’est pas toujours en mesure de comprendre ce qui se passe réellement et encore moins de trouver des pistes de solutions. Allez au-devant et suggérez-en!
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